Le dernier budget de la mandature sans vision stratégique.

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Michel Chassier
Michel Chassier
MICHEL CHASSIER

Je rappelle que la mauvaise gestion de la crise sanitaire par nos gouvernants qui est à l’origine de crise économique et sociale. Notre groupe n’a jamais fait de surenchère sur les mesures d’urgence ni sur le plan de relance, nous sommes conscients des limites de la Région (contrairement à l’UDC qui voulait distribuer des chèques à tout va… des chèques sans provision ?)

Globalement le budget primitif 2021 de la Région augmente de 25%, passant de 1,417 à 1,777 milliard d’euros. Les dépenses de fonctionnement augmentent de 25 M€ (+2,5%) et les dépenses d’investissement de 316 M€ (+79%).

  • Les transports représentent 44,1% des dépenses d’intervention
  • Le bloc enseignement – apprentissage – formation 32,6% des dépenses d’intervention. Nous arrivons à 76,7% des interventions régionales.
  • En comparaison l’aménagement du territoire c’est 6%, le volet économique 7,7%.

Nous regrettons, comme le CESER, l’absence de priorités, et la dispersion des crédits.

Nous regrettons qu’il y ait finalement assez peu pour les territoires (+ 15 M€ pour les CRST) avec déjà un déséquilibre au niveau des CRST 2. Dans les nouvelles autorisations de programmes (2021-2028) Orléans Métropole représente 66% des crédits. Assez peu également pour l’économie malgré la crise que nous traversons avec 18 M€ investis dont seulement 7 M€ en soutien aux entreprises, on voit que c’est peu au regard du budget mais aussi en comparaison des aides de l’Etat.

Le volet le plus important concerne le ferroviaire à la fois sur le matériel roulant et sur les infrastructures mais cela correspond en partie à un calendrier indépendant du plan de relance : transfert des TET, transferts à la charge des Régions de « petites lignes » comme Tours Loches dont nous reparlerons, maintenances de rames à mi-vie.

Nous trouvons 35 millions d’investissements supplémentaires pour les Lycées, dont 26 pour l’immobilier. Le problème est de savoir si les nouveaux projets pourront démarrer cette année.

Enfin 34 M€ de plus sur les programmes européens, mais là encore nous connaissons les délais d’engagement, nous en reparlerons au cours de la session.

Au chapitre du fonctionnement il faut tout même souligner la hausse des moyens généraux (+ 8%) et de la masse salariale (+ 4,6%).

Pour conclure, la Région est contrainte de revoir totalement la stratégie financière décidée en début de mandat, avec une dégradation de la capacité d’autofinancement, un recours historique à l’emprunt (243 M€) ce qui dégrade la capacité de désendettement et ce ratio va encore se dégrader en 2022.

Le problème c’est que la Région ne maîtrise pas ses recettes, aujourd’hui notre pouvoir de taux ne s’applique qu’à 8,7% des recettes, et encore pour la TICPE nous sommes au plafond depuis le début. C’est pourquoi nous exprimons notre inquiétude de la relance du projet de loi 4D, annoncée par Jean Castex ici-même, dans le contexte de crise que nous traversons.

Nous voyons pourtant que les présidents de Région la réclament, sans comprendre les conséquences en matière de transferts de charges.

Le danger, nous le répétons, c’est un accroissement de l’inégalité des territoires, avec un risque de décrochage pour certaines régions, la Présidente PS Marie-Guite Dufay l’évoquait pour la Bourgogne-Franche Comté, nous sommes dans une situation similaire.

Pour conclure nous ne trouvons dans ce budget la traduction d’une véritable stratégie régionale, en dehors de la transition répétée comme une mantra, mais dont des objectifs ne répondent ni à l’urgence, ni à une politique de relance au-delà des retombées de la dépense publique, ni aux attentes du monde économique ou plus généralement de nos concitoyens.

Car un véritable plan de relance ne se limite pas à réparer les dégâts de la crise, il devrait comporter une vision stratégique, mais qui ne peut s’envisager que si l’Etat joue pleinement son rôle de régulateur et demeure le garant de l’égalité des territoires, encore une fois c’est l’inverse que nous propos la loi 4D : désengagement de l’Etat, déconstruction de l’unité nationale, démembrement de la France, et au final disparition de l’Etat-nation, ennemi des mondialistes.

Rapport 21.01.01 Budget Primitif 2021 – Michel CHASSIER


Jean-René Coueille (crédits photo : conseil régional Centre-Val de Loire)
Jean-René Coueille
Jean-René COUEILLE (BP 2021 – Développement Economique)

« La prolongation des mesures d’urgence comme le Fonds Renaissance doté de 7 M€ ou le réabondement du Fonds d’intervention pour les entreprises en difficulté sont pertinents mais nous pensons qu’ils seront insuffisants face à l’ampleur de la crise et des défaillances d’entreprises commerciales et de restauration dont la majorité est malheureusement à venir. »

Rapport 21.01.01 Budget Primitif 2021 (Développement Economique) – Jean-René COUEILLE


Philippe Lecoq
Philippe Lecoq
Philippe LECOQ (Education et Jeunesse)

« Les agents des lycées doivent faire face à une quantité de tâches supplémentaires comme offrir plus de visibilité à la vie lycéenne et à son fonctionnement, accentué par la crise sanitaire. La Région devrait donc dédier des crédits spécifiques pour compenser le non-remplacement de ces agents, qui, il faut le dire, résulte initialement du désengagement de l’Etat, comme je le soulignais en session il y a deux ans. »

Rapport 21.01.01 Budget Primitif 2021 (Lycées) – Philippe LECOQ


Ludovic Marchetti
Ludovic Marchetti
Ludovic MARCHETTI (Numérique)

« Les carences de la couverture numérique sont si sévères sur certaines parties du territoire qu’elles sont suffisamment révélatrices de l’échec des choix stratégiques entrepris. Demander aux professeurs d’enseigner à distance paraît facile lorsque l’on habite dans une métropole, seulement, la réalité en zone peu dense en est tout autre »

Rapport 21.01.01 Budget Primitif 2021 (Numérique) – Ludovic MARCHETTI


 

Le groupe RN a voté contre ce budget, adopté par ailleurs.

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